Atelier Parfait : L’optimisme et la passion au service de la réussite architecturale

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Pouvez-vous me parler d’un projet sur lequel vous avez travaillé et qui a éveillé en vous une réelle émotion personnelle lors de sa conception et/ou de sa construction ?

 

“Je suis actuellement en train de travailler pour une famille étrangère qui a beaucoup d'expérience dans le milieu de la construction, mais aussi de la conception. Je peux vous garantir que c’est jouissif, pour un architecte de collaborer avec des personnes qui sont déjà des “créatifs”.

 

J’ai rencontré cette famille par l'intermédiaire de notre paysagiste et j’étais alors frappée par la culture architecturale dont ils faisaient preuve. Monsieur a géré beaucoup de constructions de grande échelle en Australie lors de sa carrière, tandis que Madame était elle-même architecte et de surcroît, avec des goûts très très proche des miens... Un vrai bonheur ! J'ai tout de suite adoré l'idée d'intégrer la maîtrise d’ouvrage dans l'équipe de conception. Il s’agit d’un projet véritablement conçu à 6 mains. Jusqu'au détail des vis !


Le pari même du projet, de par son échelle et son emplacement, semblait déjà fou : perché au sommet de la colline, au bout d'une route aux virages vertigineux et après 30% de pente. Nous avons très vite compris que pour y édifier les 800m2 souhaités, il nous faudrait des solutions alternatives aux grands camions et aux grues.

 

Tout le monde me disait que le projet était impossible mais j’ai tout de même tenté l’aventure et je ne le regrette pas une seconde.”

 


Qu’est-ce que ce projet a modifié, ou non, dans votre manière de penser l’architecture, de travailler vos projets  et/ou modifié votre relation avec les autres clients ?

 

“Les australiens, ou peut-être les anglo-saxons, ont une approche assez différente de la nôtre concernant la gestion des problèmes : tout a potentiellement une solution. Nous avons tellement reçu d'entreprises défaitistes quant à la faisabilité de l'opération, que nous avons fini par instaurer un système de sélection précis. Si l'artisan ou le commercial utilisait lors d'un premier contact un des mot-clés interdits (comme "impossible", "compliqué", "trop de travail", "difficile"...), il était immédiatement éliminé. Nous disposons ainsi d'une équipe positive, inventive et très proactive.

 

Par ailleurs pour répondre le mieux aux enjeux, le maître d'ouvrage a mis la main à la pâte : il a créé une structure afin de pouvoir diriger l’ensemble de la construction. Je n'avais jamais vu un tel engagement de la part d’un client ! Je suis surprise et admirative semaine après semaine par la compétence et la passion de ce couple dans leur projet.


Il y a une relation de confiance très gratifiante, et ce dans les 2 sens. Nous nous voyons tellement régulièrement, que la limite client-amis devient parfois floue. Quand on passe plus d'un an aux côtés d'une famille, que l’on comprend bien son mode de vie, la conception architecturale en devient inévitablement meilleure.

 

Avec ce projet, j’ai appris beaucoup de choses. D'une part grâce à sa complexité exceptionnelle, d'autre part parce que cela me confirme que la façon de faire en France peut largement être enrichie par des méthodes venues d’autres pays. Dans cette maison, rien n'a été conçu de façon traditionnelle. Cela a clairement étoffé ma manière de penser la construction, mon attitude face aux difficultés, mais aussi mon ouverture d'esprit.”



Avez-vous ressenti de nouveau cette émotion pour un autre projet, qu’il soit conçu par vos soins ou bien par un autre professionnel ?

 

“J’ai toujours été émerveillée par les projets de Carlo Scarpa, de Mendes da Rocha... Mais il y a quelques années, lors d’une visite de la fondation Prada à Milan avec mon confrère et ami David Adjaye, je me souviens alors avoir pensé : “voilà pourquoi j'aime l'architecture” !

 

Lorsque j’étais à l’école d’architecture, on nous racontait l'histoire qui faisait naître le coup de crayon créateurs. Je ressentais souvent cette émotion en lisant les expériences de projet de certaines maisons comme la Waterfall de F.L. Wright. Je me disais qu'un jour ce serait mon tour de construire un projet aussi unique. Par ce témoignage, je suis presque flattée de savoir que je vis quelque chose de semblable !

 

Aujourd'hui avec la famille, nous réfléchissons à communiquer cette histoire fabuleuse sous forme de BD. Il y aura un bébé chien, une architecte qui a l'air d'avoir 25 ans, et un client en chapeau de cow-boy derrière une ponçeuse à béton. Je pense que ça sera très drôle !”